Actuellement, les magasins ne sont pas autorisés à faire travailler leurs employés le 1er mai, seuls les artisans employeurs étant autorisés à le faire, à l'exception des activités où le travail ne peut pas être interrompu, comme les transports publics ou les hôpitaux.
La proposition de loi portée par le patron des sénateurs centristes Hervé Marseille (UDI) - après les protestations de boulangers dénonçant des contrôles de l'inspection du travail le 1er mai - étend les dérogations aux commerces de bouche de proximité, aux fleuristes, ainsi qu'aux théâtres et aux cinémas. Elle prévoit que le 1er mai reste payé double pour ceux qui travaillent, sur la base du volontariat uniquement.
Dans un communiqué commun, la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l'Unsa, Solidaires et la FSU affirment qu'à "chaque fois qu'un principe est remis en cause, la dérogation s'étend progressivement à toutes et tous. Le travail le dimanche en est l'illustration".
"Une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n'ont plus lieu d'être. Quant au +volontariat+, ajouté pour rassurer, il n'existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail, d'autant plus dans les TPE", poursuit le texte.
Les syndicats estiment aussi que l'extension des dérogations de travail le 1er mai se fera au détriment "des petits commerces indépendants de proximité qui pouvaient jusqu'ici déjà ouvrir ce jour-ci sans subir la concurrence des grandes entreprises".
"Souvenons-nous que le projet de recul social autour de deux jours fériés a mis le feu aux poudres sur le budget en juillet dernier", a déclaré à l'AFP Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT.
Les organisations syndicales rappellent enfin que le 1er mai "commémore les luttes pour les droits des travailleuses et des travailleurs" et notamment "la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies le 1er mai 1891".