Repas à 1 euro pour tous les étudiants: Philippe Baptiste promet "des emplois en plus"

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a reconnu jeudi qu'il faudrait "des emplois en plus" dans les restaurants universitaires pour faire face aux repas à un euro pour tous les étudiants à partir du mois de mai, lors de la visite d'un Crous de Saine-Sainte-Denis.

"On sait bien qu'il va falloir des emplois en plus", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec les agents de la cafétéria et du self "Les Vergers" du campus de Villetaneuse de l'Université Sorbonne Paris Nord.

"Il faudra être en mesure de recruter des agents", a-t-il ajouté, devant des caissiers, responsables d'approvisionnement ou chefs de cuisine qui ont pour certains partagé leur "peur".

Selon lui, les 50 millions d'euros de budget pour 2026 pour cette réforme doivent permettre de compenser le manque à gagner du passage du repas à un euro pour les non boursiers (contre 3,30 euros aujourd'hui), de recruter et de financer "quelques travaux à droite, à gauche".

Alors que certains Crous sont déjà "saturés", et que "l'on ne pousse pas les murs en trois mois", Philippe Baptiste a également esquissé certaines solutions, comme "ouvrir le soir", modifier les horaires de cours pour créer "plusieurs vagues à midi" et "travailler sur la régulation des flux", ou encore les plats à emporter.

"C'est vraiment de la dentelle parce que ce n'est pas les mêmes (besoins, NDLR) d'un établissement à l'autre", a-t-il ajouté.

Interrogé par la presse, il a néanmoins rappelé qu'il y avait des "incertitudes sur l'effet que va avoir cette mesure sur l'appel d'air pour les étudiants", mais anticipe une "vague montante octobre-novembre-décembre".

Avec cette mesure, concession faite par le gouvernement aux socialistes dans le cadre du débat budgétaire, que le ministre défend aujourd'hui mais à laquelle il n'était initialement pas "favorable", il ne faudra "pas sacrifier la qualité et la variété" des repas, ni "la qualité de vie des agents", a-t-il promis. Le coût réel d'un repas du Crous est de huit à neuf euros, selon lui.

"Le public boursier, pour moi, reste un public prioritaire. Je pense qu'il faut vraiment veiller (...) à ce qu'il n'y ait pas d'effet d'éviction des boursiers", a-t-il souligné.

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