Après deux ans de crise sanitaire, la restauration en franchise repart de plus belle

Après deux ans de crise sanitaire, la franchise repart de plus belle avec des points de vente et une activité en croissance, en particulier dans la restauration, comme en atteste le développement des enseignes du groupe Bertrand, dont Hippopotamus et Léon Fish Brasserie, ex Léon de Bruxelles.

Du 20 au 23 mars le 40e salon Franchise Expo Paris, à la Porte de Versailles, met en valeur le dynamisme de ce type d'entreprise où un entrepreneur exploite une marque avec l'appui d'un réseau, en contrepartie d'une redevance sur son chiffre d'affaires.

L'an dernier, la franchise qui compte 179.134 points de vente au sein de 1.965 réseaux, a généré 68,8 milliards de chiffre d'affaires, soit un milliard de plus qu'en 2019, avant-crise. Elle représente près de 800.000 emplois directs et indirects, dans quelque 90 secteurs très variés.

Très présente dans le secteur alimentaire (boulangeries, magasins bio, d'alimentation générale) ou l'équipement de la maison, la franchise s'est développée l'an dernier malgré la pandémie de Covid-19, dans la restauration rapide qui pèse 6,3 milliards d'euros (+3,9% de points de vente) et la restauration à thème (+8%, mais au poids trois fois moindre).

"Les aides de l'État ont permis à la restauration de passer ce cap, mais il y a aussi eu un vrai rebond: pendant la crise les réseaux ont continué à emmagasiner de nouveaux candidats à la franchise, et neuf sur dix ont ouvert au moins un point de vente en 2021", dit à l'AFP Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération française de la franchise.

Pendant les mois de fermeture liés aux confinements, les enseignes ont fait "beaucoup de travaux, revu leur concept, investi dans le digital..." ce qui, selon elle, "explique la résilience des entrepreneurs en franchise, qui se sont appropriés de nouveaux usages comme le +snacking+, +l'emporter+ et la livraison à domicile".

- "Franchise multi-enseignes" -

Parmi ces franchiseurs: Groupe Bertrand, fondé et contrôlé par l'Auvergnat Olivier Bertrand, qui en a fait un géant du secteur avec quelque 850 restaurants, 30.000 collaborateurs et 1,8 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Il exploite l'enseigne Burger King - il a cédé Quick en 2021 - et détient onze grandes brasseries parisiennes (Lipp, la Coupole, Au Pied de cochon, le Procope, Bofinger...) et les salons de thé Angelina.

Au salon, Groupe Bertrand promeut sa "franchise multi-enseignes", lancée au printemps 2020: il recherche des entrepreneurs désireux de gérer plusieurs de ses quatre marques de restaurants à thème: Hippopotamus, les "steak houses" à la française repris en 2017, les Léon Fish Brasserie - Léon de Bruxelles racheté en 2019 et revisité -, les pubs Au Bureau et les restaurants italiens Volfoni, créés en 2012 - soit 370 établissements au total.

"Chez Bertrand, les équipes chargées de trouver les emplacements et chercher les candidats, n'ont jamais cessé de travailler", dit à l'AFP Naoual Merhfour, directrice du développement de la franchise. "Souvent, un franchisé qui a ouvert un premier restaurant, commence à s'ennuyer et à se demander quand la deuxième étape va arriver: nous lui proposons d'autres marques".

Ainsi l'enseigne Au bureau compte-t-elle 165 restaurants - dont 148 en franchise -, et vise-t-elle 20 à 25 ouvertures par an, contre 15 en 2021.

Quant aux quelque 50 restaurants rénovés de l'enseigne Hippopotamus - 104 établissements en tout, dont 62 franchises -, ils ont vu leur chiffre d'affaires bondir de plus de 25% en moyenne, grâce à un concept retravaillé, affirme Mme Merhfour.

En difficulté avant d'être repris par Groupe Bertrand, Hippopotamus vise désormais 10 ouvertures par an, jusqu'à "remailler le territoire avec 250 restaurants", dit-elle.

Identifiés aux "moules frites", les restaurants Léon de Bruxelles cèderont eux la place aux Léon Fish Brasserie, à l'offre plus large en poissons et produits de la mer.

Ce que la crise a souligné, c'est que "quand vous êtes franchisé, vous êtes indépendant mais vous n'êtes pas seul", grâce à l'appui d'un réseau qui a notamment aidé à la numérisation des commandes ou des livraisons, estime Sylvie Gaudy, directrice de Franchise Expo.

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